A l'orée de la neige,rien ne vient qu'une brise
l'attente est visite du rien qui te protège
Jean Mambrino
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"Estragon ,essayant d'enlever sa chaussure s'arrête haletant. Il s'y acharne
-Rien à
faire
Vladimir - Je commence à le croire.J'ai longtemps résisté à cette pensée,en me disant ,Vladimir,sois raisonnable ,tu n'as pas tout essayé "
Beckett nous installe d'emblée,nous lecteurs ou spectateurs , dans la conscience du dénuement et du malentendu :les significations que Vladimir et Estragon prêtent aux mots "rien à faire "
divergent. Dès lors ,nous constatons qu'au niveau du dialogue, la communication rechechée se réalise de manière improbable .
Autre malentendu : V- tu as mal ?
E-Mal....il me demande si j'ai mal
Mal se dit en plusieurs sens et d'autre part ,il ya un écart entre l'acte de parler de sa souffrance et celui d'en transmettre l'idée à autrui :Deux personnes conversent et cependant chacun
reste murée dans sa solitude gardant pour soi ses mots ,ses connotations et ses signifiés "ce n'est pas ce que j'ai voulu dire " le malentendu est la voie par laquelle la solitude continue à
se frayer un chemin .Autrui présent en chair et en os ,absent en réalité
Mais si chacun de nous se projette soi-même dans sa parole (je me dis que ) à quoi sert - il d'être deux ? La conversation ,chez Beckett,fonctionne un peu comme le jeu du
tennis;Le joueur a besoin d'un partenaire qui lui renvoie la balle mais c'est son propre jeu, le déploiement de son corps propre qui lui importe . La balle fonctionne à la manière des
mots "rien à faire" saisis au vol et déclenchant une parole parallèle
L'autre est saisi comme un moyen qui m'aide à voir clair en moi -même, àparler de moi-même
En ATTENDANT GODOT est la mise en scène d'un tête à tête, d'un dialogue troué de silences ,forme d'expression d'un oxymore :la solitude à deux